Un convoi humanitaire attaqué au Mexique

COMMUNIQUÉ

La Coalition québécoise sur les impacts socio-environnementaux des transnationales en Amérique latine dénonce les vils assassinats survenus le 27 avril dernier dans l’État d’Oaxaca,au Mexique, de Bety Cariño du Réseau des victimes des activités minières (REMA, en espagnol) et de Yri Antero Jaakkola, militant des droits humains et environnementaliste d’origine finlandaise. La Coalition dénonce également l’agression subie par les membres d’une Caravane humanitaire pour la paix en mission dans la région. Un groupe de 15 paramilitaires ont tendu une embuscade à cette Caravane. Cette attaque armée est l’une des conséquences des conditions d’impunité dont jouissent les paramilitaires de cet endroit, œuvrant dans un contexte de violence institutionnelle contre les différentes formes de lutte sociale à Oaxaca, plus spécifiquement pour empêcher le développement des processus d’autonomie en cours. La Caravane visait à rompre l’isolement de la communauté de San Juan Copala qui se trouve piégée. La situation dans cette population est critique. Depuis le mois de janvier, les enfants n’ont pas accès à l’école; l’électricité, l’eau potable et l’accès aux soins médicaux ont été coupés. San Juan Copala vit un harcèlement paramilitaire permanent et un blocage de la route d’entrée au village.

Bety Cariño était une militante des droits humains depuis plus de 15 ans. Elle était membre de l’équipe nationale de coordination du REMA et directrice du Collectif CACTUS. Elle participait également au Front élargi d’opposition à la transnationale minière canadienne New Gold-Minera San Xavier, qui continue les opérations de la mine San Xavier, malgré cinq jugements la forçant à arrêter ses activités.

Cette agression s’inscrit dans la tendance répressive du gouvernement de l’État d’Oaxaca. Ulises Ruiz, le gouverneur actuel, a une longue histoire de répression et de corruption. Les communautés et organisations autochtones, populaires et les enseignants qui se sont opposés aux actes arbitraires de ce gouverneur, ont été violemment réprimés, poursuivis et emprisonnés. Des stratégies habiles de manipulation de la loi ont été mises de l’avant par le gouvernement pour leur imputer des délits qu’ils n’ont jamais commis; des dizaines de militants se trouvent ainsi encore en prison; d’autres ont été assassinés. La stratégie de la terreur d’Ulises Ruiz a impliqué la formation de groupes civils d’assassins qui ont semé la terreur auprès des communautés, des organisations syndicales et communautaires qui dénoncent la barbarie gouvernementale. Ainsi, 63 personnes ont été assassinées, de nombreuses personnes, hommes et femmes, ont été violées, 50 personnes sont disparues et il y a 500 ordres d’arrestation de militants pour des raisons politiques. Une violente répression a été déchaînée contre les représentants des communautés indigènes, des enseignants, des femmes et d’autres groupes sociaux qui mènent une activité sociopolitique publique et ouverte, les obligeant à se cacher ou à s’exiler hors de l’État fédéral d’Oaxaca.

Depuis juin 2009, Ulises Ruiz a orchestré une campagne de salissage, d’harcèlement et de persécution contre le Comité de défense des droits du peuple (CODEPP-AOPPO) qui se battait contre l’implantation des compagnies minières canadiennes dans la zone.

 

Il est également très inquiétant qu’une mission d’observateurs internationaux se fasse attaquer et que les paramilitaires agissent en toute impunité. Cela constitue une provocation et une tentative d’intimidation contre les initiatives de solidarité internationale de soutien aux mouvements sociaux qui s’opposent au saccage des richesses naturelles et à la violation de leurs droits.

 

La Coalition québécoise sur les impacts socio-environnementaux des transnationales en Amérique latine demande au gouvernement canadien d’exiger du gouvernement mexicain qu’il fasse lumière et justice sur ces crimes odieux et que des mesures urgentes soient prises par les autorités mexicaines et canadiennes pour protéger les observateurs internationaux et les défenseurs des droits humains.

 

Gerardo Aiquel

CoordonateurCoalition québécoise sur les impacts socio-environnementaux des transnationales en Amérique latine

 

30 avril 2010
pour en savoir plus :

http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201004/28/01-4275163-un-convoi-humanitaire-attaque-au-mexique.php

http://www.ledevoir.com/international/amerique-latine/287971/en-bref-violence-au-mexique

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